Prévisions des taux hypothécaires en mai 2020

5 mai 2020 - Les premières évaluations de l’impact de la crise du coronavirus sur l’économie mondiale viennent d’être publiées, mais l’incertitude en matière de prévision est extraordinairement élevée. Le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) anticipe une croissance économique négative de 6,7% en 2020, suivie d’une progression d’environ 5% pour l’année prochaine. Et cela n'est pas sans effet sur les taux hypothécaires. Notre partenaire en la matière, DL MoneyPark, vous dit tout.

Prévisions des taux hypothécaires en mai 2020

Les marchés des capitaux se sont quelque peu apaisés. Les taux swap ont diminué de près de dix points de base. Les taux hypothécaires se normalisent également et, selon les échéances, ne s’établissent plus que cinq à dix points de base au-dessus de leur niveau de la fin février 2020. L’écart entre les taux indicatifs et les meilleurs taux s’inscrit à 0,5% pour l’hypothèque à taux fixe à 10 ans. La récession qui s’annonce maintiendra les taux hypothécaires à bas niveau.

SITUATION MACROECONOMIQUE

Premières prévisions de croissance du PIB en 2020

Les conséquences économiques de la crise du coronavirus commencent à se dessiner et les experts du monde entier abaissent massivement leurs prévisions de croissance. Beaucoup évoquent même une récession, un scénario qui semblait encore peu réaliste il y a six semaines environ, au moins pour la Suisse.

Jugeant la situation plus grave que durant la crise financière de 2008, le Fonds monétaire international (FMI) anticipe un recul de 3% de la performance économique mondiale, alors qu’il prévoyait encore une croissance de 3,3% en janvier – soit une réduction de 6,3 points de pourcentage.

Ralentissement de la croissance, récession ou dépression ?

Pour rappel, selon la définition traditionnellement retenue, il y a récession lorsque l’économie n’enregistre plus de croissance ou décline pendant deux trimestres consécutifs. Cependant cette définition a également ses limites : formuler une évaluation fiable quant à la future évolution de l’économie mondiale est extrêmement compliqué à l’heure actuelle. La question de savoir quand et à quel rythme les mesures sanitaires du confinement seront assouplies est et reste déterminante. Il s’agit là d’un exercice d’équilibriste puisqu’il faut écarter le risque d’une seconde vague.

Recul d’environ 6% du PIB

Le FMI (Fonds Monétaire International) prévoit un recul de 6% du produit intérieur brut (PIB) helvétique en 2020. La Suisse quant à elle, ou plus précisément le SECO, anticipe même une baisse de 6,7% et un taux de chômage qui oscillera autour de 4% (contre un peu plus de 2% précédemment).

Les différents scénarios du SECO

La projection du SECO repose sur les maigres données concrètes disponibles pour mars et avril 2020. C’est pourquoi l’incertitude en matière de prévision peut être qualifiée d’extraordinairement élevée. Le SECO a élaboré un scénario alternatif dans le cas où les mesures sanitaires de confinement adoptées en Suisse et à l’étranger resteraient en vigueur durant un mois supplémentaire environ. Le repli anticipé du PIB pour 2020 pourrait alors dépasser 7%. Selon le Groupe d’experts de la Confédération, le scénario le plus extrême interviendrait dans l’hypothèse où les mesures ne seraient levées qu’à partir de juin et de manière progressive, ce qui entraînerait des effets économiques de second stade, tels que des vagues de licenciements, des faillites et des défauts de paiement en grand nombre. En pareilles circonstances, il faudrait tabler sur une croissance économique négative de plus de 10% en 2020.

Une lueur d’espoir pour 2021

Chaque crise a une fin et il serait donc bon, conjointement à toutes les estimations négatives pour cette année, d’établir des prévisions pour l’année à venir en parallèle. Le FMI anticipe une croissance économique mondiale de 5,8% en 2021, qui permettrait de compenser largement le fléchissement de 2020 (–3%) et signifierait même une progression de près de 2% sur deux ans.

Reprise ralentie pour la Suisse

S’agissant de la Suisse, le FMI prévoit une expansion du PIB de 3,8% en 2021, soit une évolution un peu moins favorable qu’à l’échelle mondiale. Sur une période de deux ans, la croissance économique négative s’établirait donc à environ 2,5%. Le SECO anticipe également une reprise hésitante de l’économie helvétique, tout en émettant des prévisions de croissance nettement plus optimistes avec 5,2%. Sur une base bisannuelle, le PIB de la Suisse s’inscrirait ainsi encore en repli de presque 2%.

EVOLUTION DES TAUX D'INTERET

Légère accalmie sur les marchés des capitaux

La situation semble s’être quelque peu apaisée sur les marchés des capitaux. Sur la première quinzaine de mars, presque tous les placements (prétendument) sûrs ont été transformés en liquidités. Il s’agissait ici des emprunts d’État, liquidés indépendamment de leur qualité et de leur prix, ce qui a entraîné le niveau général des taux d’intérêt à la hausse. Depuis le début avril, les rendements ont de nouveau légèrement diminué et un certain retour à la raison semble s’être amorcé, même si les taux d’intérêt sont toujours supérieurs à leur niveau d’avant la crise du coronavirus.

Baisse des taux des marchés des capitaux sur les échéances longues

Les taux swap ont reculé dans le sillage de la détente observée dans le courant du mois d’avril. Les échéances moyennes et longues ont particulièrement beaucoup diminué. Le taux swap à 10 ans s’établit ainsi à –0,28%, soit un repli de près de 0,10 point de pourcentage par rapport au mois dernier. Avec quelques points de pourcentage, la baisse s’est révélée un peu moins marquée pour les échéances ultra-longues (25 et 30 ans).

Recul, toutes échéances confondues, des taux indicatifs pour les hypothèques à taux fixe

Les taux hypothécaires moyens de 100 banques, compagnies d’assurance et caisses de pension (nommés taux indicatifs ou aussi fréquemment taux « vitrine ») ont baissé, toutes échéances confondues, au cours du mois sous revue. Selon l’échéance de l’hypothèque, le repli varie entre trois et huit points de base, ce qui signifie que les prestataires ont légèrement augmenté leurs marges. Les taux hypothécaires s’inscrivent désormais encore de cinq à dix points de base au-dessus de leur niveau de la fin février, avant que la crise du Coronavirus ne vienne tout bouleverser. Le contexte de taux se révèle ainsi de nouveau un peu plus favorable pour les emprunteurs.

Meilleur taux DL MoneyPark à 0,78% sur 10 ans

L’écart entre le taux indicatif et le meilleur taux DL MoneyPark est particulièrement important. Alors que le taux indicatif s’établit actuellement à 1,22% pour une hypothèque à taux fixe à 10 ans, il est possible, grâce à des comparaisons et à des renégociations, d’obtenir un taux hypothécaire de 0,78%.

PREVISIONS

Formuler des prévisions à long terme demeure difficile

Dans le sillage de la détente intervenue sur les marchés des capitaux, le niveau général des taux d’intérêt a diminué d’environ dix points de base, soit un recul de moitié inférieur à celui estimé le mois dernier. Tout nouvel apaisement des tensions sur les marchés des capitaux se traduirait par des replis modérés supplémentaires des taux d’intérêt. Les maigres données concrètes déjà disponibles concernant le préjudice économique ne permettent cependant guère de formuler des prévisions fiables.

La récession maintient les taux d’intérêt à bas niveau

Deux choses semblent toutefois claires : la récession qui s’annonce tend à s’accompagner de prix à la baisse et le niveau des taux d’intérêt diminue. C’est pourquoi nous tablons sur des taux d’intérêt toujours bas sur les six prochains mois environ. Si la conjoncture retrouve la voie d’une croissance positive – ce que les experts prévoient pour 2021 –, les taux des marchés des capitaux (swaps) repartiront également en légère hausse.

Les écarts se maintiennent à un niveau élevé

Nous estimons que les écarts entre les taux indicatifs généraux et les meilleurs taux se maintiendront aussi à des sommets historiques au-delà de l’été. Nous observons régulièrement des situations dans lesquelles des clients souhaitant prolonger leurs hypothèques se voient proposer des taux d’intérêt extrêmement peu attrayants par leur prestataire hypothécaire actuel. Si à cela s’ajoute que le client avait opté pour une répartition du prêt en plusieurs tranches hypothécaires, les taux d’intérêt proposés peuvent même se révéler encore plus inintéressants. La répartition en différentes tranches peut en effet rendre l'emprunteur dépendant de l’établissement financier, ce qui permet parfois à ce dernier de profiter de marges presque indécentes.

Renouvellement possible deux ans avant l’échéance

En guise de recommandations, nous ne pouvons que rappeler aux actuels propriétaires que les taux d’intérêt peuvent être fixés jusqu’à deux ans à l’avance, voire même davantage, dans le cadre de leur renouvellement. Ainsi, ne tardez pas trop pour préparer cette étape importante.

Profiter des fluctuations à la baisse pour souscrire des prêts hypothécaires tactiques

Comme observé au cours de la période sous revue, les taux hypothécaires peuvent sensiblement varier d’un jour ou d’une semaine à l’autre. Les fluctuations à la baisse devraient par conséquent être exploitées pour souscrire des prêts hypothécaires tactiques.

RECOMMANDATIONS

  • Les taux d’intérêt peuvent être fixés jusqu’à deux ans à l’avance. Veillez donc à vous intéresser assez tôt au renouvellement de votre hypothèque. Pour les futurs propriétaires : commencez à rechercher une solution de financement en même temps que le bien immobilier de vos rêves.
  • Observez, comparez, négociez.
  • Profitez de la concurrence entre les prestataires et évitez d’accepter la première offre que vous recevez, même s’il s’agit de votre banque habituelle.
  • Profitez des fluctuations à la baisse pour souscrire des prêts hypothécaires tactiques.

Pour plus d'informations, n'hésitez pas à contacter notre partenaire DL MoneyPark.

Crédit photo : Heidi Sandström